jeudi 31 mai 2018

Merci Bruce et Salut à tous !

De la manière la plus simple possible, mais aussi en toute sincérité, je tiens à remercier tout particulièrement le "War Interpretationcenter 14-18 Experience Day" d'aujourd'hui, pour nous avoir permis d'exprimer à notre façon, notre passion... commémorative.

De bon matin, mes deux premiers croqués !
Personnellement, je remercie aussi tous ceux et celles  qui ont daigné passer par la tente des grimages et des caricatures.  J'eus la possibilité d'en croquer "en live" plus d'une trentaine.  Tout le plaisir fut pour moi... et la surprise hilarante pour les victimes.

Salut à tous !

vendredi 25 mai 2018

C'était leur officier !

Voici le seul dessin qui n'est pas caricatural réalisé par Bairnsfather, pour  représenter, lui,  blessé lors de l'explosion d'un obus, en avril 1915.
Ci-contre, vous lirez ce qu'il en écrivit plus tard, dans "Bullets and Billets".

..."Ils auront nos mitrailleurs et la section !!!" me dis-je sur le coup; je me suis empressé pour savoir comment cela allait avec mon sergent. Le bombardement sur la ferme continuait. Entre deux explosions, j'ai galopé dans le vieux fossé emprunté lorsque nous sommes arrivés. Les obus semblaient être guidés par un tracé qui évitaient les bâtiments pour atteindre tout ce qui se trouvait aux alentours. Alors que je me trouvais camouflé dans le fossé, j'ai entendu un Crusch colossal monter dans les airs, et... plus rien.

 
Tout semblait sans vie, brumeux ! Mes oreilles bourdonnaient,... dans une sorte de silence pire que toutes les explosions. Je traînais dans ce fossé de saletés stagnantes, couvert de boue de la tête aux pieds. Je me suis mis à trembler comme une feuille, je ne pouvais plus me dégager d'où j'étais;... je dois avoir été soufflé par un obus.
Je suis resté là un bon moment, j'imagine, en éprouvant une sensation étrange. Mes craintes avaient disparu : celle des obus, celle des explosions. Je les entendais bien siffler et sauter dans les parages, mais je les attendais et les écoutais, calmement, comme on pourrait patiemment observer une pomme qui tomberait de son arbre ! Impossible pour moi d'en sortir. Dans quel état étais-je ? Encore un effort pour me relever... et je sus ! Le charme était rompu ! Je me suis palpé partout et je suis resté tranquille, avec des larmes plein les yeux.

Mon rôle dans cette attaque finissait ici.

jeudi 24 mai 2018

Old Bill, de la terre glaize à la terre cuite




Dans leurs tranchées inondées, en plus des sifflements aigus provoqués par des balles ennemies ou des explosions fracassantes d'obus, les braves soldats britanniques durent aussi supporter d'horribles conditions météorologiques leur sapant le moral. Pataugeant dans la boue jusqu'aux genoux, trempés par des pluies diluviennes, ils eurent aussi à affronter un froid polaire les figeant presque en statues de glace.

A l'aide d' argile, j'ai essayé de reproduire plusieurs dessins de Bairnsfather, mettant Old Bill ou d'autres dans des situations cocasses imaginaires mais en relation avec les conditions de vie. Après séchage, je les ai cuites pour les rendre ainsi... durables pour longtemps.

mercredi 23 mai 2018

George Edward aurait-il rencontré Old Bill

Pour "rejouer" l'histoire, pour "reproduire" des épisodes de guerre, pour "entrer" dans le personnage d'un combattant, pour "exposer" leur collection vestimentaire militaire, pour "vivre" les mêmes conditions de vie, différents clubs de "reenacting" aiment prendre part à des activités commémoratives ou patriotiques.
Leur présence ajoute toujours un cachet assez spectaculaire à toutes ces cérémonies, avec le soucis constant, pour ces "figurants" de "refaire à l'identique" ce que les soldats d'hier ont vécu.
C'est du théâtre, mais très bien aussi.
Au passage, pour saluer le hobby de mon ami Stephen pour qui la recherche fouillée des moindres détails de l'équipement, des faits de guerre et de la biographie d' un combattant écossais,  est un soucis permanent.
Je l'ai imaginé, avec son kilt, son flingue et son barda,  devenu un certain George Edward, matricule 3756, tué en '14-18 , ... en compagnie de Old Bill.  
Mais l'illustration est truquée.  Vous l'aurez remarqué, non ?



mardi 22 mai 2018

Quel désastre !


Quand Bruce a réalisé ce dessin illustrant un décor de brasserie démolie, peut-on supposer qu'il appréciait la bière ?
Lors des retours vers les campements arrière pour quelques jours de repos, il passait non loin d'une brasserie. Etait-ce celle de Breuvart, de Motte-Cordonnier, ....  ou Van Uxeem, si elle existait déjà avant '14 ?

lundi 21 mai 2018

Faut-il s'incliner devant un ballon posé sur une culasse ?

"Christmas Truce" !   En français : la Trève de Noël en 1914 !
En '14,  décembre avait été terriblement meurtrier autour du No Man's Land, dans les environs du Gheer. De nombreux soldats y ont laissé leur vie. Au milieu des bois de Plug-street, on inhume les tués les uns contre les autres : un premier cimetière prend forme.
A la veille de Noël, des chants "Heilige Nacht"  et "Merry Christmas" s'élèvent dans le ciel et étonnent les belligérants.
Méfiants, prudents, mais empreints d'une réelle bonne volonté et de paix, ils  sortent des tranchées et vont à la rencontre... de l'ennemi !  Ils fraternisent !  Que de mémorables moments qui furent... dès le lendemain, interdits... par l'Etat Major !

Par ce dessin, Bruce Bairnsfather a probablement voulu rappeler ces inimaginables instants qui auraient pu en une seule nuit, mettre fin à la guerre !  Un sapin de Noël, décoré de boules et de cadeaux qu' Old Bill tente de décrocher avec ses petits ciseaux !  Patience ! ...
Cent ans plus tard,  d'autres boules sont arrivées que Bruce n'a point dessinées.



dimanche 20 mai 2018

Parlez-vous... de Mademoiselle d'Armentières ?

Y a-t-il quelqu'un parmi vous, amis visiteurs du "Rétro-Viseur", qui a déjà imaginé qui et comment était la célèbre "Mademoiselle from Armentières" ?
Est-ce bien exact que pas un homme ne l'avait jamais embrassée depuis 40 ans, lorsque les Soldats chantaient à l'unisson cette entrainante ritournelle  "Hinky Dinky Parlay voo" ?
Est-ce aussi vrai qu'elle répondit "oui" à un colonel anglais qui la maria, selon  ce que chantait Line Renaud vers les années 50, Parlez-vous ?
B. Bairnsfather, par ce dessin très réussi pour sa touche glamour, a-t-il voulu représenter cette jolie demoiselle qui doit avoir souvent fasciné les braves Tommies, embourbés dans leurs tranchées, en attendant le retour à la maison après la guerre !

Qu'en pensez-vous ?



vendredi 18 mai 2018

Bientôt, il volera en l'air...

Bruce nous a aussi dessiné la tristesse ressentie par Old Bill et son copain lorsqu'ils virent voler en éclat le superbe château de la Hutte, autrement dit "Château Breuvart", bombardé par les Allemands qui le considéraient comme un trop bel observatoire vers leurs lignes.

Voici ce qu'il écrivit dans "Bullets and Billets", (traduit en français)

Derrière nos tranchées, derrière les maisons démolies, au sommet de la colline boisée, il devait y avoir auparavant un superbe château. Pendant que je l'observais, un cri strident siffla par dessus la tête, puis, une courte pause et soudain :"CRUMPH"…indiquant clairement ce qui se passait au château. Les Allemands semblaient s'obstiner sur cet édifice. Chaque matin, alors que nous étions tapis dans notre repaire plein de boue, nous entendions le même vacarme qui était devenu une formalité. Nous savions qu'ils bombardaient le château. Et quand ils ne le faisaient pas, nous entrions dans nos tranchées pour regarder d'un œil attendri, ce qui restait de cette chère bonne vieille tour du château, pointue, bulbeuse, ajourée qui servait de cible perpétuelle aux Allemands. Ils n'auraient jamais dû la démolir… elle était pour nous, comme une grand-mère bienveillante !

Voici le dessin... que j'ai truqué, avec l'ajout du château, tel que Bruce l'a vu !
Mon ami Joel Lindeboom, petit verre de cognac à la main,  pourrait vous raconter un tas d'anecdotes à ce propos.

Il était une fois....


J'ai truqué ce dessin de Bainsfather !
Affalé dans le fauteuil d'une terrasse d'auberge, on reconnait Old Bill qui a bien vieilli.    Il est pensif à ces terribles moments passés dans les tranchées de Plug-street en se revoyant sortir de son meilleur trou d'obus avec la même moustache de phoque et coiffé de son passe-montagne,.  
Au-dessus de sa tête, un écriteau traduit sa réflexion :
"Paix sur Terre !  Bonne volonté envers les Hommes".

Aujourd'hui, en 2018, quel vain espoir !
Les grands de ce monde seraient-ils prêts à entamer une troisième....
Le Mémorial de Ploegsteert que j'ai rajouté en arrière-plain, nous rappelle, depuis 1931, le nom de gens qui ont connu la première....


jeudi 17 mai 2018

Pourquoi aimé-je Old Bill ?

Il faut que je vous explique le "pourquoi" de cette succession d'images visibles en bas de ma colonne de droite et  dessinées par Bruce Bairnsfather.


Dimanche 27 mai, à l'occasion de la journée spéciale dédiée au centenaire 1918 - 2018, et qui aura lieu à  Plugstreet-Expérience, j'aurai le plaisir de prendre part à cette manifestation en rendant hommage à ce lieutenant britannique qui a vécu les premiers mois de la guerre dans les tranchées, autour de St-Yvon, d'août 1914 jusqu'en avril 1915, lorsqu'il il fut contraint de quitter le front suite à une blessure due à l'explosion d'un obus.

Dans cette petite maison de St-Yvon, il se hasarda à griffonner sur un mur, à l'aide de charbon de bois, quelques dessins qui donnèrent naissance à "Old Bill", ce brave, rigolo et grincheux soldat anglais qui devint vite le héros d'une longue série publiée dans "Fragments from France", et à la demande de l'état major britannique, toute une collection de caricatures amusantes destinées à remonter le moral des troupes !

Mais comment en suis-je arrivé là, à me passionner pour Bruce Bairnsfather ?

Tout commença en 1999, lors de la fête de Noël, lorsque le groupe des Khaki-Chums vinrent passer la nuit du 24 dans une tranchée creusée par leurs soins, sur un champ bien déterminé de St-Yvon, celui où se déroula la fraternisation, à l'endroit exactement indiqué par un dessin réalisé par un combattant anglais. Mais qui était ce dessinateur ?
Bien plus tard, l'ami Michel Van Pottelberg de la société d'histoire me montra un livre de "Fragments from France", tout en m'avertissant :
- "Cela devrait t'intéresser... Il n'y a que des dessins en caricatures !"

Après quelques fouilles sur internet, je découvre un nom, un titre..."Bullets of billets" je commence à traduire entièrement ce récit pour apprendre et comprendre cette époque historique tristement célèbre.
En  décembre 2003, sur la façace d'une petite maison du Gheer, une plaque en bronze est inaugurée, dédiée à Bruce Bairnsfather.
En 2004, je me risque à lancer sur la toile,  la traduction en français de son histoire afin de partager mon travail au plus grand nombre.

Après lecture, on comprend mieux dorénavant les raisons de cette Croix en bois  plantée en 1999 en bordure du chemin pour commémorer cette trêve éphémère entre Boches et Tommies qui n'a pas pu s'éterniser, hélas !

Dix ans plus tard, à propos des dessins de Bairnsfather, je me les imagine et les reproduit en trois dimensions, modelés dans la terre argileuse en respectant l'expression des personnages : Old Bill, son ami Fred, et d'autres...
En septembre 2014, le Comité de la Ducasse de Ploegsteert me fait l'honneur de pouvoir présenter mes sculptures, dans le cadre de son exposition  annuelle.

Quatre ans ont passé. Entretemps, le Centre Plug-street est sorti de terre. Dimanche 27 mai,  je participerai modestement et à ma façon,  à cette journée exceptionnelle  14 -18 EXPERIENCE DAY"  en essayant de vous croquer comme l'aurait fait notre ami caricaturiste Bruce.

Serez-vous ma victime ?  Je vous y invite.  Ce sera ma façon de commémorer le centenaire de l'Armistice. Et ce sera aussi dans la bonne humeur, comme sans doute, le souhaitent les milliers de combattants enterrés ici, autour de nous.
Le poème ci-dessous nous le suggère :

Voices from a wargrave

Please – don’t lower your voices
As it you’re in some kind of pain,
I can’t tell you how pleased we all are
To see you come back here again.

There’s no need to stop yourself laughing,
We all of us like a good joke
We used to laugh quite a lot in those days
Despite all the noise and the smoke

We’re glad you come here to see us,
We like to see friends old and new
So laugh and talk as much as you like
We wish we could come to see you.

So – please don’t lower your voices
We’re aware of the pain that you feel
It’s no worse than ours, I can tell you
And yours is the one that can heal.

George Sewell

Des voix aux Cimetières Britanniques


S'il vous plaît - ne baissez pas la voix
Comme si vous étiez dans la peine,
Vous ne pouvez pas savoir combien nous sommes contents

De vous voir encore revenir ici

Ne vous empêchez pas de rire,
Nous tous, ici, aimions les bonnes blagues
Et nous avions besoin de  rire ces jours-là
En dépit de ces fumées, de ces gaz et tout ce fracas !

Nous sommes heureux que vous soyez là, pour nous,
Nous aimons voir des  amis, vieux ou nouveaux
Alors, riez et  parlez autant que vous le voulez
Nous aimerions tant pouvoir nous  joindre à vous.

Donc, s'il vous plaît, ne baissez pas le ton
Nous savons la douleur que vous ressentez
Mais elle n’est pas pire que la nôtre, je peux vous le dire
Car la vôtre, est de celles que l’on peut guérir.

George Sewell

dimanche 13 mai 2018

REVIENS-VITE..... 8e et dernier épisode

Merci à tous, amis du Rétro-Viseur,  pour votre attention !  Merci à Jean-Yves Lehouck de m'avoir permis de "numériser" son travail et de le publier sur Youtube.
C'était en l'an 2000.
Nous sommes en 2018.... cent ans après la signature de cette Paix retrouvée, signée par l'Armistice....(hélas, pas pour longtemps,...1940-45),  le Centre culturel de C-W se prépare à créer une autre évocation théâtrale de ce douloureux passé qu'il a confiée au même et fidèle metteur en scène, Alain Coulon.  Rendez-vous est donné au dernier week-end de mai.  Pour les détails, voyez le site de CCCW.

Regardez le 8e et dernier épisode !

mercredi 9 mai 2018

REVIENS VITE, JE... 7e épisode

"In aime tertouss not' patelin"   ou  "L' ducass' de l' Capelle Rompue"
  En avant la musique ! 


- "Allez, on vous emmène au caf'conc !", dans une ambiance "Palate", d' un café-concert dressé sur la place du Bizet, ce village qui a rapidement acquis la réputation de "Petit Paris".

On y ré-entendra des chansonnettes écrites par des patoisants locaux, ainsi que des "tubes" d'époque.
Sans oublier, pour respecter la ligne éditoriale du Rétro-Viseur, ...revoir des visages !


lundi 7 mai 2018

REVIENS-VITE, JE... 6e épisode

La guerre est finie. Les familles réfugiées sont rentrées au pays. Elles se sont installées provisoirement dans des "baraquements" en tôles ondulées anglaises. Mais, l'optimisme social pour une vie nouvelle refait surface. La population se met au travail. La Belle Epoque commence. On chante, on danse, on rit, on revit !